"Chez Bernard je ne suis jamais devant (un tableau, un dessin...). Je suis dedans.

Ceux qui visitent – comment dire ? Sa maison, son atelier, son jardin (le jardin est entré dans la maison – l’atelier serait le lieu de la mise en jeu de ceci : le jardin dans la maison - et donc : les petites bêtes qui poursuivent leur vie dans les carnets, les carnets-maisons, les carnets-terriers, les carnets terreau…) Ceux qui visitent, disons les œuvres et le lieu des œuvres ; mais disons la mise en œuvre, ceux qui visitent sont dedans, mis en œuvres eux-mêmes, comme mis en scène. Eventuellement ce qui se joue autour d’eux les gagne et ils se mettent à leur tour à jouer. On dirait que pour Bernard, ce qu’il fait, peut être autant le produit de celui qui vient prendre place, part, dans ce qu’il fait, que s’il l’avait produit lui-même. Il l’a produit lui-même, mais ce dont il s’entoure est aussi la production de ceux qui viennent y faire un tour. Les visites. On est gagné par ce qui continue à se produire autour de nous, on le sent, c’est en cours. On prend place dans ce cours : on commente, on touche, on déplace, on fait aussi. Ce n’est plus tant le lieu de Bernard, c’est le lieu du faire – mais si, c’est chez lui ! – mais chez lui c’est là où d’autres viennent rendre visite, et qu’est-ce qu’ils font ? Ils font, ça arrive. Bernard fait avec eux… Avec ce qu’ils font.

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À Bernard Hubot,

Benoît Felix Avril 2019
 

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